Cinémada

du 14 au 25 juillet

Cinémada s'inscrit dans le cadre du dispositif Passeurs d'images et bénéficie des soutiens de l'Eden Cinéma, de la Région Bourgogne Franche-Comté, de la Préfecture et de la mairie de Cosne-sur-Loire.

Le festival se tient en parallèle d'ateliers cinéma menés par les cinéates Ludivine Sibelle, Marianne Pistone et Gilles Deroo avec les jeunes de la ville du 12 au 25 juillet.

"Cinémada met l’errance à l’honneur. Errer, c’est aller hors de toute contrainte apparente, et c’est un peu plus encore : errer, c’est déambuler dans le vague. Le flâneur est en paix, maître de lui-même – l’errant est-il sa figure en négatif ? S'il perd son chemin, c’est de bon gré. L’errance... c’est une autre affaire, un trouble particulier travaille alors le corps. Les errants sont errés plus qu’ils n’errent, quelque chose de plus grand qu’eux, hasard, défauts, conditions de vie… les domine et les pousse à délayer les jours. L’errance dure et elle devient un processus fait de désirs sans consistance, menant à des formes de rêverie et d’inertie solitaire où la folie menace.

Que dit le cinéma de l’errance ? Friand du mouvement des corps, n’en montre-t-il que l’apparence vaine ? Il suggère que l’enfant goûte tôt à ce sentiment, avec effroi mais aussi avec sa créativité et sa candeur, avec lesquelles il trace les contours du monde qu’il habitera. À l’âge adolescent, on sent viscéralement toute la profondeur de l’errance sans avoir le recul nécessaire. Quant aux adultes, eux ont du mal à assumer d’être sujets à l’errance : trop d’amour-propre. L’humain erre, il est un animal, il ne pourra échapper à cette part de sa nature, qui plus est conscient de l’ennui qui l’accable, double sanction insupportable. Tous les chats et chiens errants de la terre ont à nous enseigner. La société, elle, n’a jamais trop apprécié les vagabonds et autres traverseurs sans foi ni loi, et il faut composer avec elle. Et que font deux errants lorsqu'ils se rencontrent ?
L’errance est universelle. Elle se vit, donc se filme, de plein de façons. La programmation a ainsi été pensée dans un esprit d’errance à travers le répertoire mondial : on se laissera balader dans divers espace-temps, diverses cultures, diverses réponses esthétiques et politiques aux questions qu’elle pose." Renaud Anglès